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rouleau de cuivre

Les secrets des manuscrits de la Mer Morte (suite)

La polémique rebondit à propos de la thèse exposée par Israël Knohl dans son livre : L'autre Messie (Albin Michel éd.). Directeur du département biblique de l'Université hébraïque de Jérusalem, son point de vue juif lui permet de faire remarquer que Jésus n'est pas le seul Messie d'Israël, et de mettre à jour l'existence de Menahem, l'autre Messie ou Paraclet dont il est question dans les fameux manuscrits. Ce Paraclet (Messie) annoncé par Jésus comme le Consolateur (sens du nom Menahem) dans l'Evangile selon Jean, est aussi mentionné par Luc parmi les prophètes venus fonder la communauté d'Antioche note. Mais, on ne sait pourquoi, I. Knohl fait venir Menahem avant Jésus. Si Paul et Barnabé lui reconnaissent une grande autorité c'est qu'il est associé à l'"esprit de vérité". On conçoit qu'il ait pu être "l'autre Paraclet" dont parle Jésus, consolateur des affligés et rédempteur tel le "Serviteur souffrant" d'Isaïe 53, ce qu'on retrouve justement dans les Hymnes. Mais si cet "esprit saint" est assimilé à Menahem, celui qui mena la révolte juive quelques temps après la mort de Jésus, le mystère du Saint-Esprit s'éclaircit, et l'on devine que la naissance de Jésus par l'opération du Saint Esprit cache une vérité plus "réelle". Suivant l'évangile, Jésus a eu 2 sœurs et 4 frères ; il était l'ainé et il semble que son père soit mort lors de la révolte du recensement. La "vierge" marie n'est pas restée vierge longtemps. De plus, les fameux "anges" sont peut-être des messagers, des jeunes gens qui sont employés pour faire circuler le courrier parce qu'ils courent vite et qu'on peut leur faire confiance pour acheminer les messages divins. Il ne faut pas oublier que la Fraternité essénienne fonctionne comme une société initiatique qui confère une initiation à des connaissances selon une tradition orale secrète très ancienne. La science essénienne est ésotérique et spéculative. Les grands initiés ont développé des pouvoirs spéciaux. On imagine mal la secte répandant son enseignement à la foule, d'où les réserves de Jésus envers la foule et ses avertissements à ses compagnons pour qu'ils tiennent leur langue.

rouleau

La «cascade de bouleversements» que devait entraîner cette découverte fabuleuse n'a pas eu lieu du fait du mutisme des uns, du désintéressement des autres et peut-être que tout n'a pas été publié. Le Rouleau de cuivre contenant des indications sur les cachettes utilisées à l'époque pour sauver le trésor du Temple a intéressé plus de gens ! Comme par hasard, c'est notamment dans la grotte 4 que se trouvaient, parait-il, les rouleaux détériorés et les fragments, ceux justement des fameux textes sectaires qui nous manquent. Mais, par contre, ce travail de publication a donné l'occasion aux Biblistes de sortir de nouvelles versions de la Bible. Depuis une décennie, de nouvelles rééditions et traductions de la Bible sont en vente, assorties de nouveaux commentaires des exégètes qui ont étudié les fameux manuscrits : les retouches sur le christianisme primitif sont sélectives pour ne pas perturber la foi. (Janvier 2002).

D’après Massey, ce sont les Gnostiques "païens" – incluant des membres Esséniens ou Thérapeutes et des confréries Nazaréennes, entre autres – qui amenèrent en fait à Rome les textes ésotériques gnostiques contenant le mythe, sur lesquels se basèrent les nombreux évangiles, incluant les quatre canoniques. Wheless dit que "les Évangiles et autres livres du Nouveau Testament, écrits en Grec et citant 300 fois les Septante Grecs et plusieurs auteurs païens Grecs, comme Arathus et Cléanthe, furent écrits non pas par des paysans juifs illettrés mais par des Pères et des prêtres ex-païens de langue Grecque loin de la Terre Sainte des Juifs." Mead affirma : "Nous pouvons en conclure que les originaux de nos quatre Évangiles furent probablement écrits en Égypte, sous le règne d’Hadrien." Certainement à Alexandrie, carrefour des religions. D'ailleurs, des manuscrits gnostiques furent découverts à Nag Hammadi, en Haute-Egypte, en 1945. Lire, par exemple: Les Manuscrits de Nag Hammadi, Dossiers d'archéologie, n° 236, septembre 1998.

En outre, Wheless montre qu'on peut trouver une grande partie du mythe de «Jésus-Christ» dans le Livre d'Enoch, antérieur de plusieurs siècles à l'apparition supposée du maître juif - Wheless, op. cit., pp. 85-87. - Dans une perpective comparable, un ouvrage récent, - GRUNBERGER Béla, DESSUANT Pierre, Narcissisme, christianisme, antisémitisme. Étude psychanalytique, Actes Sud, coll. Hébraïca, 1997, 487 p., rappelle une fois de plus, du point de vue d'un judaïsme orthodoxe, les multiples incohérences et invraisemblances du récit évangélique, alors même que ses auteurs s'imaginent bien naïvement avoir affaire avec le personnage de Jésus-Christ à une figure historiquement avérée !

Suite

Note : Il est écrit dans le Livre des Actes, XIII, 1-2, que Saul fut élevé chez Hérode Agrippa, avec Menahem. Ce fait devrait troubler les chrétiens. Mais ils ne lisent pas tout le Nouveau Testament.

 
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